La représentation et ses fastes ont toujours constitué pour Pâhry une forme de spécialité. Il n'est donc pas surprenant que ce soit cette Cité qui, par deux fois, ait accueilli les grandes Expositions Interurbaines. Si l'Exposition de 719 était encore de dimensions assez modestes et n'a laissé que peu de traces, il n'en va pas de même de celle de 750. Son succès exceptionnel fit largement oublier le fait qu'elle n'ait pu ouvrir ses portes qu'avec une année de retard. Pour la ville, mais aussi pour tout le Continent obscur, cette gigantesque manifestation marqua un moment décisif et un vrai bond dans le futur.

Les années suivantes virent Pâhry connaître de curieux troubles. Le grand âge du Président, au pouvoir depuis vingt trois ans, n'y était sans doute pas étranger. En 754, un haut fonctionnaire du nom de Berthelot parvint à persuader plusieurs collègues influents que les bâtiments officiels étaient traversés par une circulation parallèle : à l'en croire, les lieux les plus stratégiques de la ville auraient été infiltrés par des agents étrangers. Berthelot obtint la fermeture de plusieurs édifices importants dont l'Opéra, le Musée Municipal et l'Elysée-Palace.

C'est dans ce contexte difficile que se produisit la douloureuse "affaire Abraham" : suite à son comportement suspect, un jeune médecin d'origine genovienne, le Dr Joseph Abraham, fut arrêté et emprisonné. Son exécution après un procès pour le moins sommaire déclencha les protestations des autorités de sa ville natale et de vives polémiques au sein de la population pâhrysienne. La situation resta tendue jusqu'à l'élection d'un nouveau Président et aux excuses officielles présentées par Pâhry.