Victor Horta (1861-1947) est peut-être le plus important des architectes Art Nouveau. C’est en tout cas celui qui a exercé l’influence la plus profonde sur le monde des Cités obscures. La ville de Xhystos lui doit presque tout, même si elle constitue à bien des égards une caricature un peu sommaire de son style.

Grand admirateur du Palais de Justice de Poelaert, Victor Horta s’affranchit rapidement du style néo-classique et s’impose comme l’architecte le plus novateur qu’ait connu la Belgique. Cassant le sacro-saint schéma des trois pièces en enfilade, caractéristique des maisons bruxelloises, il introduit partout la lumière et la fluidité ainsi qu’une décoration omniprésente, maîtrisée jusque dans les détails les plus infimes. En dix ans, grâce au soutien d’un petit groupe d’amis, dont l’industriel Ernest Solvay, il édifie une série d’hôtels particuliers qui sont autant de chefs-d’oeuvre. Mais Horta nourrissait aussi de grands projets urbanistiques pour la ville. Selon l’historien anglais James Welles, il aurait été l’un des membres les plus influents de la "secte de Brüsel".

Une de ses constructions les plus remarquables, la Maison du Peuple, naquit en 1896 de la conjonction entre le socialisme radical et l’architecture d’avant-garde. Elle fut abattue sans vergogne en 1966, malgré une motion votée à l’unanimité lors du Congrès International des Architectes à Venise.
En dépit des destructions qui frappèrent bon nombre de ses édifices, le Baron Victor Horta est aujourd’hui l’objet d’un culte presque aussi considérable en Belgique que dans les Cités obscures. Une station de métro et un musée portent son nom, et son visage orne un billet de banque.