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Le personnage de Poelaert est entouré de mystère : les indications biographiques sont rarissimes et les plans ont presque tous disparu. L’architecte est d’ailleurs loin d’être l’objet de la même vénération dans notre monde que dans celui des Cités obscures.
Ex-inspecteur des bâtisses, éphémère architecte de la ville de Bruxelles, Joseph Poelaert, né en 1817, n’avait construit qu’une colonne et la moitié d’une église lorsqu’on lui confia la responsabilité de ce Palais de Justice, annoncé comme le plus grand du monde. D’abord simple membre du jury, il élimina tous les concurrents avant de sortir de ses cartons un projet auquel il travaillait depuis dix ans et qui émerveilla ses confrères.
Mais sans doute était-il plus habile dessinateur que directeur de chantier. La construction du Palais s’étendit sur plus de vingt ans, évoluant sans devis précis. Ayant exigé que sa volonté d’artiste ne soit soumise à aucune autorité, hormis celle du Ministre de la Justice, Poelaert refusait de montrer ses plans et menaçait d’abandonner le chantier à la moindre remarque.
La maladie, et dit-on la folie, eurent finalement raison de lui. Poelaert ne vit jamais son ouvrage achevé. Il mourut en 1879, quatre ans avant l’achèvement des travaux. Selon ses dessins, le Palais aurait dû être couronné, non par un dôme mais par une pyramide. C’est sous cette forme qu’il existe d’ailleurs dans la ville de Brüsel, où il est connu et admiré sous le nom de Palais des Trois Pouvoirs.
Mais le destin de l’architecte lui-même n’y fut pas plus heureux qu’à Bruxelles, puisqu’il se retrouva interné dans le Grand Hôpital de Brüsel (aujourd’hui Hôpital Ernest Dersenval), au service des "incurables et grabataires" du Professeur Von Scholz.
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